Les animaux de Guadeloupe sont surtout des oiseaux, des reptiles, des chauves-souris, des crabes, des insectes et une faune marine très riche ; les grands mammifères terrestres sauvages sont absents. Près de 12 % des espèces indigènes évaluées sont endémiques de l’archipel, comme le pic de Guadeloupe, la sérotine de Guadeloupe ou l’anolis marbré. Plusieurs animaux familiers des visiteurs, dont le raton laveur, la mangouste et l’iguane rayé, ont en revanche été introduits par l’homme.
Les chiffres et statuts de cette page viennent de la Liste rouge de la faune de Guadeloupe (UICN France, OFB, MNHN, 2021), qui a évalué 574 espèces indigènes : 85 sont menacées, 48 quasi menacées et 16 ont déjà disparu.
Les mammifères : raton laveur, mangouste et chauves-souris

Le raton laveur, ou « racoon », est l’animal le plus connu de Guadeloupe. Longtemps considéré comme une espèce endémique (Procyon minor), il a été l’emblème du Parc national. Les travaux scientifiques ont montré qu’il s’agit du raton laveur nord-américain, introduit à l’époque coloniale. Il est aujourd’hui classé espèce exotique envahissante par l’OFB et n’est protégé par aucun texte. Nocturne, il fréquente les rivières, les forêts et de plus en plus les maisons, où il fouille poubelles et gamelles.
Les autres mammifères terrestres sont presque tous introduits :
- Petite mangouste indienne : introduite à la fin du XIXe siècle contre les rats des champs de canne, elle chasse aussi les œufs de tortues, les reptiles et les oiseaux au sol. Elle traverse souvent les routes en plein jour.
- Rat noir et rat surmulot : principaux prédateurs des nids du pic de Guadeloupe et des couleuvres.
- Agouti : rongeur forestier rare et mal connu, classé « données insuffisantes ».
- Chèvres, chats et chiens errants, dont l’impact sur la faune des îlets est suivi par le Parc national.
Les vrais mammifères indigènes sont les chauves-souris : 14 espèces sont évaluées dans la Liste rouge. La sérotine de Guadeloupe (Eptesicus guadeloupensis) est le seul mammifère endémique de l’archipel ; classée « en danger critique », elle n’a été détectée qu’à trois endroits en dix ans, dans les forêts de la côte au vent de Basse-Terre. Le noctilion pêcheur, qui attrape des poissons à la surface de l’eau, se voit parfois au crépuscule au-dessus des rivières et des lagons. Le lamantin des Caraïbes, lui, a disparu de Guadeloupe.
Reptiles et amphibiens : iguanes, anolis et couleuvres
L’iguane des Petites Antilles (Iguana delicatissima) est classé « en danger critique » en Guadeloupe comme au niveau mondial. Sa principale menace est l’iguane rayé (Iguana iguana), introduit, qui s’hybride avec lui et le remplace. Ses plus belles populations se voient dans la réserve naturelle de Petite-Terre et à La Désirade. Pour les distinguer :
- l’iguane des Petites Antilles est gris à noirâtre, avec une tête claire chez les adultes, une queue sans anneaux et pas de grosse écaille ronde sous l’oreille ;
- l’iguane rayé porte des bandes sombres sur la queue et une grande écaille ronde sous le tympan.
Les petits lézards verts ou gris des jardins sont des anolis. L’anolis marbré est endémique de Guadeloupe, et chaque groupe d’îles a ses formes propres : anolis des Saintes, anolis de Marie-Galante. La nuit, le mabouya (thécadactyle) chasse les insectes sur les murs ; il est inoffensif malgré sa mauvaise réputation. Des scinques endémiques survivent sur quelques îlets.
Il n’existe aucun serpent venimeux en Guadeloupe, contrairement à la Martinique et à son trigonocéphale. Les couleuvres locales, appelées couresses, sont rares et inoffensives : la couleuvre des Antilles, endémique, n’a plus été observée avec certitude depuis 2004, et la couleuvre des Saintes est « en danger ». Côté amphibiens, les petites grenouilles qui chantent la nuit sont des hylodes ; deux sont endémiques, l’éleuthérodactyle de Barlagne et celui de Pinchon. Le gros crapaud des routes, le crapaud agua, a été introduit.
Crabes, insectes et autres petites bêtes
Les crabes sont partout, de la mangrove aux jardins. Le crabe blanc, le plus gros crabe de terre des Antilles, vit dans des terriers près des côtes et se cuisine à Pâques. Les crabes violonistes couvrent les vasières, et les rivières abritent crevettes et ouassous, dont le vrai ouassou, classé « vulnérable ». La consommation des crustacés d’eau douce a été interdite dans les secteurs pollués par la chlordécone, un insecticide banni depuis 1993.
Parmi les insectes, le plus spectaculaire est le dynaste hercule, un scarabée dont le mâle dépasse 15 cm avec sa corne. La Liste rouge recense 67 espèces de papillons de jour, dont la thécla à bande rouge, endémique des Petites Antilles. Les fourmis manioc découpent les feuilles des jardins. D’autres petites bêtes impressionnent davantage :
- la scolopendre en Guadeloupe, myriapode dont la morsure est très douloureuse mais rarement grave chez l’adulte ;
- les araignées de Guadeloupe, comme la babouk des maisons ou la petite mygale de la Soufrière, toutes sans danger pour l’homme ;
- les moustiques Aedes aegypti, vecteurs de la dengue, contre lesquels un répulsif est indispensable toute l’année.
La faune marine : tortues, cétacés et poissons des récifs
| Animal | Présence en Guadeloupe | Statut Liste rouge Guadeloupe | Où et quand le voir |
|---|---|---|---|
| Tortue imbriquée | Pond sur les plages de l’archipel | Quasi menacée | Ponte d’avril à octobre ; Grand Cul-de-Sac Marin, Marie-Galante, Petite-Terre |
| Tortue verte | Pond et s’alimente dans les herbiers | En danger | Baies peu profondes à herbiers, en snorkeling |
| Tortue luth | Pond sur quelques plages | En danger | Ponte nocturne, rare |
| Cachalot | Présent toute l’année en groupes familiaux | En danger | Au large de la côte sous le vent, en sortie encadrée |
| Baleine à bosse | Visiteuse, reproduction probable | Quasi menacée | De décembre à mai |
| Grand dauphin, dauphin tacheté pantropical | Reproducteurs | Quasi menacé / préoccupation mineure | Toute l’année, côte sous le vent |
Une vingtaine d’espèces de mammifères marins fréquentent les eaux de Guadeloupe, protégées depuis 2010 par le sanctuaire Agoa, qui couvre toutes les eaux des Antilles françaises. Pour les observer, choisissez un opérateur qui respecte les distances d’approche : l’observation non encadrée fait partie des menaces citées pour le cachalot.
Sur les récifs et les herbiers, le snorkeling suffit pour voir poissons-perroquets, chirurgiens, poissons-coffres, raies pastenagues, langoustes et lambis. Le poisson-lion, espèce invasive observée pour la première fois en Guadeloupe en janvier 2010, est aujourd’hui présent sur tout le littoral. Les requins de récif et les requins nourrices sont présents mais discrets, et les incidents avec les baigneurs restent exceptionnels.
Les espèces endémiques de Guadeloupe
| Espèce endémique de Guadeloupe | Groupe | Statut Liste rouge Guadeloupe |
|---|---|---|
| Pic de Guadeloupe | Oiseau | Quasi menacé |
| Sérotine de Guadeloupe | Chauve-souris | En danger critique |
| Couleuvre des Antilles | Serpent | En danger critique |
| Scinque de Marie-Galante | Lézard | En danger critique |
| Couleuvre des Saintes | Serpent | En danger |
| Sphérodactyle des Saintes | Petit gecko | En danger |
| Éleuthérodactyle de Barlagne | Grenouille | En danger |
| Éleuthérodactyle de Pinchon | Grenouille | Vulnérable |
| Anolis de Marie-Galante | Lézard | Quasi menacé |
| Anolis marbré, anolis des Saintes | Lézards | Préoccupation mineure |
| Typhlops de Guadeloupe | Petit serpent fouisseur | Données insuffisantes |
D’autres espèces ne vivent que dans les Petites Antilles, comme l’iguane des Petites Antilles, la grive à pieds jaunes ou le colibri madère. Les oiseaux endémiques et les meilleurs sites pour les observer sont détaillés sur notre page consacrée aux oiseaux de Guadeloupe. Plusieurs espèces endémiques ont déjà disparu : le perroquet de Guadeloupe, la perriche de Guadeloupe, l’ameive de Guadeloupe et l’holotropide roquet, un lézard.
Les espèces exotiques envahissantes
Comme sur la plupart des îles, les espèces introduites sont l’une des premières menaces pour la faune locale, avec la destruction des forêts et des zones humides. Les plus problématiques sont :
- le rat noir, le chat et la mangouste, prédateurs des couleuvres, des oiseaux et des œufs de tortues ;
- l’iguane rayé, qui s’hybride avec l’iguane des Petites Antilles ;
- le raton laveur, classé espèce exotique envahissante ;
- le poisson-lion, qui consomme les jeunes poissons des récifs ;
- l’éleuthérodactyle de Johnstone, petite grenouille introduite qui gagne du terrain sur l’hylode de Pinchon ;
- des escargots introduits, qui concurrencent les mollusques indigènes.
Ne relâchez jamais un animal de compagnie dans la nature et ne rapportez pas d’animaux d’une île à l’autre : les îlets comme Petite-Terre ou Kahouanne abritent des populations isolées très sensibles aux nouveaux arrivants.
Les animaux dangereux en Guadeloupe
Aucun animal venimeux de Guadeloupe ne met en danger un adulte en bonne santé. Les risques réels sont limités : morsure de scolopendre, piqûre des épines de poisson-lion ou d’oursin, piqûre de méduse, et surtout les moustiques porteurs de dengue. Les épines du poisson-lion sont venimeuses : la DEAL conseille d’approcher une source de chaleur de la plaie et de consulter un médecin au plus vite. Les gestes de prévention, espèce par espèce, sont détaillés dans notre guide de la faune dangereuse en Guadeloupe.
Questions fréquentes sur les animaux de Guadeloupe
Quel est l’animal emblématique de la Guadeloupe ?
Le raton laveur a longtemps tenu ce rôle et a servi d’emblème au Parc national, avant que l’on découvre qu’il avait été introduit. Sur le plan naturaliste, le pic de Guadeloupe, seul oiseau strictement endémique, est l’animal le plus représentatif. Dans l’imagerie touristique, le colibri en Guadeloupe et la tortue marine sont aussi très utilisés.
Y a-t-il des serpents dangereux en Guadeloupe ?
Non. La Guadeloupe ne compte aucun serpent venimeux. Les rares couleuvres indigènes sont inoffensives et menacées d’extinction, et le petit typhlops fouisseur ressemble à un ver de terre. Le trigonocéphale, serpent venimeux dont on parle souvent, vit uniquement en Martinique.
Quels sont les animaux marins que l’on trouve en Guadeloupe ?
Trois tortues marines pondent sur les plages (imbriquée, verte, luth), une vingtaine de mammifères marins fréquentent les eaux, dont le cachalot à l’année et la baleine à bosse de décembre à mai. Les récifs abritent poissons-perroquets, raies, langoustes, lambis, requins nourrices et le poisson-lion invasif.
Peut-on voir des tortues en Guadeloupe ?
Oui, facilement, en snorkeling dans les baies à herbiers où les tortues vertes viennent brouter, ou lors d’une sortie en bateau. Gardez au moins quelques mètres de distance, ne les touchez pas et ne les nourrissez pas. Les tortues marines sont intégralement protégées, de même que leurs œufs et leurs sites de ponte.
Le raton laveur de Guadeloupe est-il dangereux ?
Il n’est pas agressif, mais c’est un animal sauvage qui peut mordre ou griffer s’il est acculé. Ne le nourrissez pas, rangez les gamelles et fermez les poubelles : un raton laveur habitué aux humains revient chaque nuit. Si vous en trouvez un blessé, contactez une association de soins à la faune plutôt que de le manipuler.
Sources
- UICN France, OFB, MNHN, La Liste rouge des espèces menacées en France, Faune de Guadeloupe (2021)
- OFB, fiche espèce exotique envahissante : raton laveur
- Parc national de la Guadeloupe, rapport sur les espèces exotiques envahissantes des îlets (2019)
- DEAL Guadeloupe, dépliant poisson-lion
- DEAL Guadeloupe, Guide illustré des oiseaux terrestres (2025)
- INPN, Inventaire national du patrimoine naturel : référentiel taxonomique TaxRef utilisé par la Liste rouge.
- Photos Wikimedia Commons : Lacroix Bernard (iguane des Petites Antilles, Petite-Terre, CC BY-SA 4.0), Enrevseluj (raton laveur, CC BY-SA 4.0).
