Les araignées de Guadeloupe sont toutes sans danger pour l’homme, selon le Parc national de la Guadeloupe, y compris les plus impressionnantes. Celle que l’on croise le plus souvent dans les maisons est la babouk, ou araignée des bananes, une grande araignée brune de 8 à 13 centimètres pattes comprises, qui chasse les cafards la nuit. En forêt vit aussi une petite mygale endémique, la mygale de la Soufrière, discrète et inoffensive. Voici comment reconnaître les principales espèces et réagir si vous en trouvez une chez vous.
Quelles araignées vivent en Guadeloupe ?
Le climat chaud et humide de l’archipel convient à de nombreuses espèces, des petites araignées sauteuses des murs aux grandes tisseuses de toiles des jardins. La plupart passent inaperçues. Le tableau présente celles que les habitants et les voyageurs remarquent le plus.
| Espèce | Taille | Où la voir | Danger pour l’homme |
|---|---|---|---|
| Babouk ou araignée des bananes (Heteropoda venatoria) | 8 à 13 cm pattes comprises | Maisons, cuisines, abris, la nuit | Aucun ; morsure rare et seulement douloureuse |
| Mygale de la Soufrière (Holothele sulfurensis) | Environ 2 cm de corps | Forêts d’altitude du massif de la Soufrière | Aucun |
| Argiope argentée (Argiope argentata) | Corps de 1 à 2 cm | Jardins, haies, toiles décorées d’un zigzag blanc | Aucun |
| Araignée à fil d’or (Trichonephila clavipes) | Jusqu’à 10 cm pattes comprises pour la femelle | Lisières de forêt, grandes toiles jaunes dorées | Aucun |
| Araignées sauteuses (famille des Salticidés) | Moins de 1 cm | Murs, fenêtres, terrasses | Aucun |
La babouk, l’araignée des maisons
La babouk est la plus grosse araignée que vous risquez de rencontrer, et celle qui fait le plus sursauter. Elle est brune, avec des pattes longues et légèrement aplaties qui lui permettent de se glisser derrière un meuble ou un cadre. Sur l’abdomen, on distingue souvent deux points noirs sur les côtés et une ligne sombre au centre ; le mâle porte une tache noire sur le dessus du céphalothorax, la partie avant du corps qui porte les pattes.
Elle ne tisse pas de toile. Elle chasse à l’affût, la nuit, en fuyant la lumière, et se nourrit notamment de ravets, les cafards des Antilles, ce qui en fait une alliée discrète des maisons. Selon les scientifiques, elle aurait été introduite accidentellement depuis l’Asie du Sud-Est, et elle est aujourd’hui présente de la Floride à l’Amérique du Sud. Une étude publiée en 2015 a montré que la bande de poils clairs au-dessus de ses crochets sert de leurre pour attirer les papillons de nuit.
Babouk et « araignée banane » mortelle : la confusion
Le surnom d’araignée des bananes entretient une crainte injustifiée. Les araignées-bananes réellement dangereuses appartiennent au genre Phoneutria, qui vit en Amérique centrale et en Amérique du Sud, notamment au Brésil, et qui est parfois transporté par erreur dans des cargaisons de bananes vers l’Europe. Ce genre n’est pas implanté en Guadeloupe. Le Parc national rappelle que la babouk est la seule représentante du genre Heteropoda sur l’archipel et que sa morsure, très rare, provoque une vive douleur sans complication.
Y a-t-il des mygales en Guadeloupe ?
Oui, mais vous avez très peu de chances d’en voir une. La mygale de la Soufrière est une petite mygale endémique, c’est-à-dire qu’elle ne vit nulle part ailleurs que sur le massif du volcan. Elle mesure environ 2 centimètres de corps, vit cachée dans les mousses et la litière des forêts d’altitude, et le Parc national la décrit comme complètement inoffensive. Comme le reste de la faune du cœur de parc, elle est protégée : on l’observe sans la toucher ni la déplacer.
Et le matoutou ?
Le nom matoutou désigne surtout le matoutou falaise, une mygale arboricole aux couleurs vives, bleu-vert chez les jeunes, puis brun et rose chez l’adulte. Cette espèce, longtemps appelée Avicularia versicolor et aujourd’hui classée dans le genre Caribena, est endémique de la Martinique et protégée. Elle ne vit pas naturellement en Guadeloupe, même si le nom circule parfois sur l’archipel pour parler des mygales en général. Sa capture et sa vente sont interdites.
Les araignées des jardins et des sentiers
Dehors, ce sont surtout les araignées à toile qui attirent l’œil. L’argiope argentée tend sa toile entre deux branches basses et l’orne d’un motif en zigzag ou en croix de soie blanche, très visible au soleil. L’araignée à fil d’or, ou néphile, tisse en lisière de forêt des toiles immenses dont la soie prend une teinte jaune dorée ; la femelle, bien plus grande que le mâle, se tient au centre.
En randonnée, il arrive de traverser une toile sans la voir, surtout le matin sur les sentiers peu fréquentés. C’est désagréable mais sans conséquence. Si vous marchez en tête, tenez un bâton devant vous pour écarter les fils. Les petites araignées sauteuses, très communes sur les murs et les rambardes, sont curieuses et vous suivent parfois des yeux : elles sont inoffensives et chassent les moustiques et les mouches.
Que faire face à une araignée dans votre logement ?
Une babouk dans une location n’est pas un signe d’insalubrité : elle entre par les fenêtres et les espaces sous les portes, attirée par les insectes. Quelques gestes suffisent pour cohabiter ou la faire sortir.
- Ne l’écrasez pas à main nue et ne la saisissez pas : elle est très rapide et peut mordre si elle se sent coincée.
- Pour la sortir, recouvrez-la d’un récipient, glissez un carton dessous et relâchez-la dehors, loin des ouvertures.
- Installez ou fermez les moustiquaires des fenêtres le soir, quand elle chasse.
- Réduisez les miettes et les déchets : moins de cafards, c’est moins de babouks.
- Secouez vêtements et serviettes restés au sol avant de les utiliser, ce qui vaut aussi pour les scolopendres.
Si vous êtes mordu, ce qui reste exceptionnel, lavez la zone à l’eau et au savon, désinfectez et appliquez du froid. La douleur passe en général en quelques heures. Consultez si une réaction allergique apparaît, comme un gonflement important, des difficultés à respirer ou des plaques sur le corps, et appelez le 15 en cas de malaise.
Questions fréquentes sur les araignées de Guadeloupe
Quelle est la plus grosse araignée en Guadeloupe ?
C’est la babouk, ou araignée des bananes, qui atteint 8 à 13 centimètres pattes comprises. Son envergure impressionne, mais son corps reste modeste. La femelle de l’araignée à fil d’or peut approcher une taille comparable, pattes étendues, au centre de sa toile.
Quelle araignée pique en Guadeloupe ?
Aucune araignée de Guadeloupe n’est considérée comme dangereuse. La babouk peut mordre si on la coince contre la peau, ce qui provoque une douleur vive mais passagère. Les autres espèces mordent très rarement et leur venin n’a pas d’effet notable sur l’homme. Le vrai risque de morsure douloureuse vient plutôt de la scolopendre.
Les araignées de Guadeloupe sont-elles protégées ?
Plusieurs espèces le sont, en particulier les mygales endémiques des Antilles, et toute la faune est protégée dans le cœur du Parc national. D’une manière générale, il est préférable de laisser les araignées tranquilles dehors, où elles régulent les populations d’insectes.
Pourquoi y a-t-il des araignées dans les maisons en Guadeloupe ?
Elles suivent leurs proies. Une maison ouverte la nuit, éclairée et fréquentée par les cafards ou les papillons de nuit attire naturellement la babouk. Les fortes pluies les poussent aussi à chercher un abri. Des moustiquaires, une cuisine propre et des portes fermées le soir limitent leurs visites.
Pour connaître les autres animaux de l’archipel, consultez nos pages sur la scolopendre en Guadeloupe, la faune dangereuse et la faune endémique de Guadeloupe.
Sources
- Parc national de la Guadeloupe, « Insectes et araignées » et « L’araignée Babouk : la gardienne à la mauvaise réputation ».
- Patrick Maréchal, Araignées des Antilles, PLB Éditions, 2011.
