Trois espèces de colibris vivent et nichent en Guadeloupe : le colibri huppé, le plus petit et le plus courant, le colibri madère à gorge pourpre et le colibri falle-vert à gorge verte. Tous trois sont indigènes, sédentaires et protégés par arrêté ministériel. On les observe toute l’année dans les jardins fleuris, au Jardin botanique de Deshaies et sur les sentiers forestiers de Basse-Terre.
Le « colibri à tête bleue » et le « rubis-topaze », cités par plusieurs sites touristiques, ne vivent pas en Guadeloupe. Le premier n’existe qu’en Dominique et en Martinique, le second en Amérique du Sud et à Trinidad-et-Tobago.
Les trois colibris de Guadeloupe en un coup d’œil
| Espèce | Taille et poids | Signes distinctifs | Où le voir | Liste rouge Guadeloupe (2021) |
|---|---|---|---|---|
| Colibri huppé, « fou-fou » (Orthorhyncus cristatus) | 8 à 10 cm, environ 3 à 4 g | Bec court et droit ; le mâle porte une huppe verte à reflets bleus, la femelle a le ventre gris clair et pas de huppe | Partout, surtout sous 500 m : jardins, haies, mangrove, ville | Préoccupation mineure |
| Colibri madère (Eulampis jugularis) | 11 à 12 cm, 7 à 12 g | Paraît noir ; gorge et poitrine rouge grenat, ailes vert métallique, long bec courbé | Forêt humide de Basse-Terre, jardins boisés, bananeraies | Préoccupation mineure |
| Colibri falle-vert (Eulampis holosericeus) | 11 à 13 cm, environ 6 g | Gorge vert émeraude, tache bleue sur la poitrine, ventre noir mat, bec courbé | Jardins, lisières, zones agricoles, du littoral à la forêt | Préoccupation mineure |
Les tailles et poids proviennent des fiches d’Oiseaux.net et de la littérature ornithologique ; le statut vient de la Liste rouge de la faune de Guadeloupe publiée en 2021 par l’UICN France, l’OFB et le MNHN. Le colibri madère est en outre endémique des Petites Antilles : on ne le trouve que sur ces îles, de Saba à Grenade.
Le colibri huppé, le plus facile à voir
Le colibri huppé est le colibri de Guadeloupe que vous verrez en premier, souvent dès la terrasse de votre location. Il pèse à peine plus qu’une pièce de 1 centime d’euro (2,3 g) et produit en vol un bourdonnement d’insecte. Son nom créole, fou-fou, figure dans l’ancien arrêté de protection des oiseaux de Guadeloupe de 1989.
Pour le reconnaître :
- un bec court et droit, unique parmi les trois espèces ;
- chez le mâle, une huppe pointue vert émeraude qu’il dresse quand il est excité ou menacé ;
- chez la femelle et les jeunes, une gorge et un ventre gris clair, une queue noire aux coins gris-blanc ;
- un vol de fleur en fleur dans les massifs bas : lantanas, hibiscus, ixoras.
Il niche toute l’année, plus souvent de janvier à août. Le nid, un petit cylindre de fibres et de lichens tenu par de la toile d’araignée, est souvent accroché à moins de 2 m du sol, parfois sous un auvent. La femelle couve seule ses deux œufs. Très territorial, il chasse des oiseaux bien plus gros que lui, mais cède la place aux deux autres colibris.
Le colibri madère, l’oiseau des balisiers

Le colibri madère est le plus grand des trois. Pour le reconnaître :
- en lumière faible, il paraît entièrement noir ;
- au soleil, sa gorge et sa poitrine virent au rouge grenat et ses ailes au vert métallique ;
- son croupion et le dessus de la queue sont bleus ;
- le mâle est plus lourd, la femelle a un bec plus long et plus arqué.
Cette différence de bec suit deux fleurs : la forme du bec du mâle correspond aux fleurs de l’Heliconia caribaea, celui de la femelle aux fleurs plus courbes de l’Heliconia bihai. Ces balisiers poussent en sous-bois et au bord des routes de la Basse-Terre. Le madère fréquente surtout la forêt humide de montagne, mais il descend dans les jardins boisés et les bananeraies. Il défend agressivement les fleurs de son territoire et vient volontiers aux abreuvoirs d’eau sucrée.
Le colibri falle-vert, plus discret

Presque aussi long que le madère, le falle-vert est nettement plus léger. Ses critères d’identification :
- dos vert bronze à reflets métalliques et gorge vert émeraude ;
- tache bleu métallique entre la gorge et le ventre noir mat, le meilleur critère ;
- bec noir courbé, plus court que celui du madère ;
- mâle et femelle au plumage identique.
Il est surtout actif tôt le matin et en fin d’après-midi. On le voit au fond des jardins, en lisière de forêt et dans les zones agricoles, plus rarement aux abreuvoirs. Il domine le colibri huppé sur les fleurs mais évite les affrontements avec le madère. Comme les deux autres, il mange aussi de petits insectes et des araignées, indispensables aux poussins.
Où voir des colibris en Guadeloupe
Les colibris sont présents dans tout l’archipel, y compris à Pointe-à-Pitre. Pour voir les trois espèces, visez les lieux fleuris de la Basse-Terre :
- Jardin botanique de Deshaies : massifs de fleurs nectarifères, colibris habitués aux visiteurs. Combinez la visite avec les plages du nord, voir notre guide pour visiter Deshaies.
- Domaine de Valombreuse, à Petit-Bourg : parc floral de balisiers et d’alpinias, bon spot pour le madère.
- Sentiers du Parc national : le long de la route de la Traversée, de la cascade aux écrevisses ou du chemin des chutes du Carbet, cherchez les balisiers en fleur.
- Hauts de Saint-Claude et de Trois-Rivières : jardins créoles et habitations caféières, comme la Caféière où a été prise la photo ci-dessus.
- Grande-Terre et îles : le colibri huppé et le falle-vert fréquentent les haies d’hôtels, les jardins et la mangrove, aux Saintes et à Marie-Galante aussi.
Le meilleur moment est le début de matinée, quand les fleurs sont chargées de nectar et la lumière douce. Repérez une fleur visitée, restez immobile à 3 ou 4 m et attendez : un colibri revient à ses fleurs toutes les quelques minutes. Pour la photo, une vitesse de 1/2000 s fige les ailes ; un téléobjectif évite de s’approcher.
Que mangent les colibris et faut-il les nourrir ?
Les colibris de Guadeloupe se nourrissent de nectar de fleurs indigènes ou introduites (balisiers, bananiers, hibiscus, lantanas) et de petits arthropodes pris sur le feuillage, en vol ou dans les toiles d’araignée. Le nectar fournit l’énergie, les insectes les protéines.
Beaucoup de gîtes installent un abreuvoir. Si vous en utilisez un, suivez les règles recommandées par les ornithologues :
- 1 volume de sucre blanc pour 4 volumes d’eau, sans miel, sans colorant ni sucre roux ;
- eau bouillie puis refroidie ;
- changement du mélange tous les 2 jours sous la chaleur antillaise, plus souvent s’il se trouble ;
- nettoyage de l’abreuvoir à l’eau chaude à chaque remplissage pour éviter les moisissures.
Planter des fleurs nectarifères reste la meilleure solution : elles nourrissent aussi les sucriers à ventre jaune et les insectes pollinisateurs.
Statut et protection des colibris
Les trois espèces sont classées en « préoccupation mineure » sur la Liste rouge de Guadeloupe (2021) et sur la liste mondiale de l’UICN. Elles s’adaptent bien aux jardins, ce qui les rend moins vulnérables que les oiseaux strictement forestiers. Les cyclones restent leur principal risque naturel : après le cyclone Hugo en 1989, les populations de colibris de Guadeloupe ont chuté puis se sont reconstituées.
Ils sont protégés par l’arrêté ministériel du 7 mars 2025 fixant la liste des oiseaux protégés en Guadeloupe. Ce texte interdit :
- de les capturer, de les détruire ou de les mutiler ;
- de les déranger intentionnellement pendant leur cycle de reproduction ;
- de détruire ou d’enlever leurs œufs et leurs nids ;
- de dégrader leurs sites de reproduction et de repos ;
- de détenir, transporter ou vendre des spécimens prélevés dans la nature en Guadeloupe.
Toutes les espèces de colibris figurent en outre à l’annexe II de la CITES, qui encadre leur commerce international. Pour les autres espèces de l’archipel, voyez notre page sur les oiseaux de Guadeloupe, et pour les reptiles, mammifères et crabes, notre panorama des animaux de Guadeloupe.
Questions fréquentes sur les colibris de Guadeloupe
Y a-t-il des colibris en Guadeloupe ?
Oui, trois espèces y vivent toute l’année et s’y reproduisent : le colibri huppé, le colibri madère et le colibri falle-vert. Le colibri huppé est très commun, même en ville. Les deux autres sont plus fréquents en Basse-Terre, dans les jardins boisés et en forêt humide, mais restent faciles à observer.
Le colibri est-il un symbole de la Guadeloupe ?
Le colibri n’est pas un emblème officiel, mais il est omniprésent dans l’imagerie touristique, l’artisanat et le nom de nombreux commerces et hébergements. L’oiseau qui représente le mieux l’archipel sur le plan naturaliste est le pic de Guadeloupe, ou « tapeur », seule espèce d’oiseau strictement endémique de l’archipel.
Quel est le plus petit colibri de Guadeloupe ?
C’est le colibri huppé : 8 à 10 cm du bec à la queue pour 3 à 4 g. Il se reconnaît à son bec court et droit, alors que le madère et le falle-vert ont un long bec courbé. Le mâle porte une huppe pointue que la femelle n’a pas.
Le colibri noir de Guadeloupe, c’est quelle espèce ?
Un colibri qui paraît noir avec un long bec courbé est presque toujours un colibri madère vu à contre-jour. Au soleil, sa gorge rouge grenat et ses ailes vertes apparaissent. Le falle-vert peut aussi sembler sombre, mais sa gorge reste verte et une tache bleue marque sa poitrine.
Combien de temps vit un colibri ?
Les données manquent pour les espèces antillaises en milieu naturel. Chez les colibris en général, la plupart des individus vivent quelques années, et les records de longévité baguée dépassent 10 ans pour certaines espèces nord-américaines. Les jeunes du colibri huppé peuvent se reproduire avant l’âge d’un an.
Sources
- DEAL Guadeloupe, Guide illustré des oiseaux terrestres de la Guadeloupe (Dewynter, Lemoine, Levesque, septembre 2025)
- UICN France, OFB, MNHN, La Liste rouge des espèces menacées en France, Faune de Guadeloupe (2021)
- Arrêté du 7 mars 2025 fixant la liste des oiseaux protégés en Guadeloupe et arrêté du 17 février 1989 (abrogé)
- Oiseaux.net, fiches colibri huppé, colibri madère et colibri falle-vert
- Audubon, préparation du nectar pour abreuvoir
- Photos Wikimedia Commons : Kim Hansen (colibri huppé, CC BY-SA 3.0), MCdeMtl (colibri madère, CC BY-SA 2.0), Christoph Moning (colibri falle-vert, CC BY 4.0).
