Oiseaux de Guadeloupe : espèces endémiques, oiseaux communs et où les observer

15 mars 2026

Environ 295 espèces d’oiseaux ont été observées en Guadeloupe, mais seules 84 y nichent ou y ont niché depuis 2000. Une seule est strictement endémique de l’archipel : le pic de Guadeloupe, ou « tapeur ». Neuf autres ne vivent que dans les Petites Antilles, comme la grive à pieds jaunes ou le colibri madère. Le reste se partage entre oiseaux communs des jardins, oiseaux marins, migrateurs venus d’Amérique du Nord et espèces introduites.

Ces chiffres viennent de la liste officielle de l’association AMAZONA (Levesque et Delcroix, 2024), reprise par le guide des oiseaux terrestres publié par la DEAL Guadeloupe en 2025. Les statuts de menace cités ci-dessous sont ceux de la Liste rouge de la faune de Guadeloupe (UICN France, OFB, MNHN, 2021).

Les oiseaux endémiques de Guadeloupe

EspèceEndémismeListe rouge GuadeloupeMilieu et repères
Pic de Guadeloupe (Melanerpes herminieri)Guadeloupe seulementQuasi menacéToutes les forêts de Basse-Terre et de Grande-Terre, mangrove ; noir à reflets bleus, ventre rouge sombre, 26 à 28 cm
Grive à pieds jaunes (Turdus lherminieri)Petites AntillesVulnérableSous-bois de forêt humide ; cercle jaune autour de l’œil, poitrine écaillée
Tyran janeau (Myiarchus oberi)Petites AntillesVulnérableForêts de Basse-Terre ; petite huppe, ventre jaune pâle
Trembleur brun (Cinclocerthia ruficauda)Petites AntillesQuasi menacéForêt humide ; long bec courbé, agite nerveusement les ailes
Moqueur grivotte (Allenia fusca)Petites AntillesPréoccupation mineureForêts et jardins boisés ; brun, poitrine écaillée
Saltator gros-bec (Saltator albicollis)Petites AntillesPréoccupation mineureLisières et fourrés ; gros bec, sourcil blanc marqué
Paruline caféiette (Setophaga plumbea)Guadeloupe et DominiquePréoccupation mineureForêts ; petite paruline grise, sourcil blanc
Martinet chiquesol (Chaetura martinica)Petites AntillesDonnées insuffisantesAu-dessus des forêts de Basse-Terre, en groupes de 20 à 40
Colibri madère (Eulampis jugularis)Petites AntillesPréoccupation mineureForêt humide et jardins ; gorge rouge grenat
Organiste des Petites Antilles (Chlorophonia flavifrons)Petites AntillesEn danger critiqueCanopée des forêts humides, très rare

Trois oiseaux communs sont aussi représentés par des sous-espèces propres à la région : le sucrier à ventre jaune (Guadeloupe et îles du Nord), le sporophile rougegorge (Guadeloupe et Dominique) et la paruline jaune des mangroves.

Le pic de Guadeloupe, oiseau emblématique de l’archipel

Le pic de Guadeloupe est le seul pic sédentaire des Petites Antilles et la dernière espèce d’oiseau strictement endémique de l’archipel : les perroquets et la perruche de Guadeloupe ont disparu. Localement, on l’appelle tapeur, « toto bwa » ou « toc-toc », d’après le bruit de son bec sur le bois. Il mesure 26 à 28 cm et pèse 70 à 96 g, selon le Parc national. Le mâle a un bec plus long que la tête, la femelle un bec plus court.

Il se nourrit de termites, de fourmis, de larves et de petits fruits. Le couple creuse une loge dans un tronc mort ou affaibli, et la femelle pond jusqu’à trois œufs. Une étude de 2007 a estimé la population à 19 527 couples. L’espèce est classée « quasi menacée » : le défrichement, l’abattage des arbres morts et les rats qui pillent les nids sont ses principales menaces. Vous l’entendrez souvent avant de le voir, par son tambourinage ou son cri, dans les forêts de la Basse-Terre comme dans les bois de la Grande-Terre.

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Les oiseaux des jardins et des villes

Sucrier à ventre jaune posé sur une fleur de bananier rose au Jardin botanique de Deshaies
Sucrier à ventre jaune au Jardin botanique de Deshaies (Tournasol7, Wikimedia Commons, CC BY 4.0).

Dès votre arrivée, une dizaine d’espèces se montrent autour des terrasses, des parkings et des marchés. Ce sont les « petits oiseaux de Guadeloupe » que les visiteurs cherchent le plus souvent à identifier :

  • Sucrier à ventre jaune : petit oiseau noir et jaune à sourcil blanc, qui vient voler le sucre sur les tables des cafés.
  • Colibri huppé : 8 à 10 cm, bec court, huppe verte chez le mâle. Il partage les jardins avec le colibri falle-vert ; les trois espèces sont détaillées sur notre page colibri Guadeloupe.
  • Quiscale merle : le grand oiseau tout noir à œil jaune et queue en forme de V des parkings et des plages, que beaucoup appellent simplement « merle ».
  • Sporophile rougegorge : le mâle est noir avec la gorge et les sourcils rouges, la femelle brun-olive.
  • Tourterelle à queue carrée et colombe à queue noire, la plus petite colombe de l’île, qui picorent au sol.
  • Tyran gris : gris clair à masque noir, perché sur les fils électriques, il chasse les insectes en vol.
  • Héron garde-bœufs : héron blanc qui suit le bétail dans les prés.

L’oiseau noir le plus courant est donc le quiscale merle. Un oiseau noir et brillant de taille moyenne dont la femelle est brune peut aussi être un vacher luisant, arrivé naturellement vers 1959 et qui pond dans le nid des autres oiseaux.

Les oiseaux de la forêt tropicale humide

Grive à pieds jaunes en sous-bois en Guadeloupe, poitrine brune écaillée de blanc
Grive à pieds jaunes en Guadeloupe (Filo gèn’, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0).

La forêt humide classée en cœur du Parc national abrite presque toutes les espèces endémiques de Guadeloupe et des Petites Antilles. La grive à pieds jaunes vit au sol et dans les étages bas du sous-bois ; son chant rappelle un miaulement. Le trembleur brun fouille les épiphytes avec son long bec courbé. Le moqueur corossol, reconnaissable à son iris blanc, et le moqueur grivotte sont plus faciles à voir en lisière. Au-dessus de la canopée tournent les martinets chiquesols, et, de mi-mars à fin octobre, les martinets sombres, migrateurs venus nicher dans l’archipel.

La meilleure période d’observation est le début de matinée, quand les oiseaux chantent et se nourrissent. Les sentiers courts au départ de la route de la Traversée et des parkings du Parc national donnent de bonnes chances sans longue marche.

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Les oiseaux marins et du littoral

Les grands oiseaux que l’on remarque depuis la plage ou le bateau sont surtout marins :

  • Frégate superbe : envergure de plus de 2 m, ailes coudées, queue en ciseaux. Elle plane au-dessus des côtes toute l’année mais ne niche plus en Guadeloupe.
  • Pélican brun : disparu comme nicheur au XXe siècle, il est redevenu assez commun depuis les années 1990, avec jusqu’à 250 couples nicheurs. Classé « vulnérable » après la disparition de sa colonie du Gosier.
  • Phaéton à bec rouge, ou paille-en-queue : oiseau blanc aux longues plumes centrales de queue, classé « en danger » en Guadeloupe. Le phaéton à bec jaune est aussi nicheur.
  • Sternes et noddis : sterne fuligineuse, sterne bridée, noddi brun et petite sterne nichent sur les îlets et les falaises.
  • Balbuzard pêcheur : rapace pêcheur qui hiverne d’août à avril, visible au-dessus des lagons et de la mangrove.

Dans la mangrove de Guadeloupe, vous verrez aussi le héron vert, l’aigrette neigeuse, la grande aigrette et le bihoreau gris, ainsi que la paruline jaune des mangroves.

Migrateurs, espèces introduites et espèces disparues

Plus d’une centaine d’espèces migratrices d’Amérique du Nord utilisent l’archipel pour une halte ou pour l’hiver. Les limicoles (bécasseaux, chevaliers, pluviers) passent surtout de mi-juillet à mi-novembre, sur les salines, les lagunes et les vasières. Une trentaine de parulines peuvent traverser les forêts, dont une dizaine hivernent chaque année.

D’autres oiseaux ont été introduits par l’homme : tourterelle turque (une vingtaine relâchées en 1976 lors de la crise de la Soufrière), perruche à collier, moineau domestique, euplecte franciscain, capucin damier, bengali rouge et astrilds. Le merle à lunettes, lui, est arrivé seul depuis le sud vers 1997.

Plusieurs espèces ont disparu : le perroquet de Guadeloupe, l’ara de Guadeloupe et la perriche de Guadeloupe sont éteints, et le flamant des Caraïbes ne niche plus dans l’archipel. Parmi les nicheurs actuels, cinq espèces sont « en danger critique » : le pétrel diablotin, le dendrocygne des Antilles, la sterne de Dougall, le martin-pêcheur à ventre roux et l’organiste des Petites Antilles.

Où observer les oiseaux en Guadeloupe

  1. Forêt humide de Basse-Terre : route de la Traversée et sentiers du Parc national, pour le pic, la grive à pieds jaunes, le trembleur et les colibris.
  2. Jardins botaniques et parcs floraux : Jardin botanique de Deshaies, Domaine de Valombreuse à Petit-Bourg, pour les sucriers, colibris et moqueurs à faible distance.
  3. Grand Cul-de-Sac Marin et mangroves : hérons, aigrettes, balbuzard, en kayak ou en bateau au départ de Vieux-Bourg ou de Sainte-Rose.
  4. Pointe des Châteaux et ses salines : limicoles en migration, sternes, frégates au-dessus des falaises.
  5. Réserve naturelle des îlets de Petite-Terre : lagons et plages pour les oiseaux marins et migrateurs, accessible en excursion à la journée, voir notre guide de l’excursion à Petite-Terre.
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Prévoyez des jumelles 8×42 ou 10×42, un départ avant 8 h et le guide gratuit de la DEAL en PDF sur votre téléphone. Restez à distance des colonies d’oiseaux marins : le dérangement pendant la nidification est la première menace pour le pélican brun et les sternes. Pour les reptiles, mammifères et autres animaux de l’archipel, voyez notre panorama des animaux de Guadeloupe.

Questions fréquentes sur les oiseaux de Guadeloupe

Quel est l’oiseau emblématique de la Guadeloupe ?

Le pic de Guadeloupe, appelé tapeur, est l’oiseau le plus emblématique, car c’est la seule espèce d’oiseau qui n’existe nulle part ailleurs au monde. Il est protégé par l’arrêté du 7 mars 2025 et suivi par le Parc national. Les colibris sont plus visibles et très présents dans l’imagerie touristique, mais ils vivent aussi sur les îles voisines.

Quels sont les oiseaux les plus fréquents en Guadeloupe ?

En ville et dans les jardins, les plus communs sont le sucrier à ventre jaune, le quiscale merle, la tourterelle à queue carrée, la colombe à queue noire, le colibri huppé, le sporophile rougegorge, le tyran gris, le moqueur des savanes, le héron garde-bœufs et le vacher luisant. Tous se voient en quelques jours sans matériel.

Quels oiseaux marins observer en bord de mer ?

Les cinq plus faciles à voir sont la frégate superbe, le pélican brun, la sterne royale, visiteuse régulière, le noddi brun et le balbuzard pêcheur. Le phaéton à bec rouge se repère à ses deux longues plumes de queue. Un pélican qui plonge en piqué dans une baie est une scène courante, notamment autour des ports et des pontons.

Peut-on voir des perroquets en Guadeloupe ?

Pas à l’état sauvage. Le perroquet de Guadeloupe et l’ara de Guadeloupe ont disparu après la colonisation européenne. Les seuls perroquets visibles sont en captivité, par exemple dans des parcs animaliers. La perruche à collier, originaire d’Afrique et d’Asie, figure parmi les espèces exotiques introduites dans l’archipel.

Sources

A propos de l'auteur
Lucie Jalart
Lucie est une véritable globe trotteuse qui est tombée amoureuse de la Guadeloupe. Découvrez à travers sa plume les merveilles à découvrir sur place.

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